Chronique : « De l’importance de la dimension humaine en business »

Lors de cette émission, « L’entreprise BFM » accueillait Charles-Edouard Girard, le PDG de GuestToGuest (échange de maisons et d’appartements) et Edouard Rudolf, co-fondateur du d’Envoituresimone.com (permis de conduire en ligne). En fin d’émission, un autre start-upper, connu pour son entreprise de Big Data et ses algorithmes prédictifs (Big Mama, ça vous parle ?) est entré en scène pour nous parler de la dimension humaine en Business. Comme quoi, on ne fait pas que des robots chez Big Mama.

Sans dimension humaine, le Business n’est rien

Quelque soit le substra, quelque soit notre essence, il y a une dimension humaine dans le business qu’on oublie un peu trop souvent, et c’est cela justement qui fait la différence entre nous et nos camarades anglo-saxons : ils arrivent à introduire cette dimension humaine avec brio. Et nous, nous ne l’avons pas. Ici, lorsque l’on est matheux, on parle de mathématiques, de science, d’algorithmes, de théorèmes, mais on n’arrive pas à faire la synthèse avec la dimension humaine. Et par exemple, le fait de fêter ses réussites dans l’entreprise, cela fait partie des outils qui permettent de réintroduire cette dimension humaine, sans laquelle en réalité le Business n’existerait pas.

Et c’est très important pour une entreprise d’avoir ses fondamentaux. Nous par exemple chez Big Mama, nous évoluons sans arrêt. Au départ, nous étions un labo de développement algorithmique. Nous étions aux aguets, nous regardions ce qui se passait. Nous avons commencé à développer des algo pour les télécoms, les banques, la finance, le marketing, etc… et nous nous sommes rendus compte que les algorithmes que l’on développait  de manière artisanale n’étaient pas scalables (non déployables à grande échelle) ; nous avions donc un Business Model qui ne fonctionnait pas.

Nous avons alors réfléchi à un autre modèle : en ajoutant à nos algorithmes un peu de pre-processing et un peu de post-processing (back-end et front-end), nous pouvons en faire des logiciels. Et en plus, ils deviennent infiniment scalables. Nous sommes devenus éditeur de logiciels, en permettant aux entreprises de faire de la prédiction dans leur domaine. Nos produits devenaient ainsi plus facilement monétisables. Pour les banques, nous avons mis en place un modèle permettant d’identifier 75% des clients susceptibles de partir. Nous sommes aussi capables, avec une finesse extraordinaire, de dire qui va acheter quoi, à quel moment, etc… via un moteur de recommandation.

Et c’est justement pour cela que nous recherchons des ressources. Personnellement, je construis ma société sur mes spécificités, et j’ai personnellement une phobie des imposteurs. Dans l’éco-système entrepreneurial, j’étais fasciné par les gens qui arrivaient, en faisant deux croix sur une feuille (avec talent et brio), à lever 10 millions d’euros.

Et ce type de phénomène a justifié une forme d’imposture entrepreneuriale. Moi, à l’inverse, ce qui m’intéresse, c’est d’arriver avec quelque chose de solide, et de dire : « Voilà où nous sommes et voilà où nous voulons aller ». Nous voulons donner des chiffres réalistes, voire même pessimistes, pour lever (au début) le minimum et obtenir la valorisation la plus honnête possible.

Le smart money, mieux que le cash 

A mon niveau, je ne cherche pas tant à attirer beaucoup de fonds, mais d’abord à attirer des gens avec qui j’ai envie de travailler. La notion de confiance est juste fondamentale. Et choisir les personnes avec qui on a envie de travailler n’est pas un luxe. Car travailler avec ceux qui ne vous conviennent pas, ça vous condamne. Je préfère travailler avec des gens qui vont m’apporter moins de cash mais plus de Smart Money (c’est-à-dire des choses à nous apprendre qui ont de la valeur). De notre côté, nous allons être sur une valorisation qui sera entre 3 et 5 millions d’euros pour le moment, et nous essayons de lever le minimum, c’est-à-dire que je voudrais céder entre 20 et 30 % du capital. Je privilégie les profils Smart Money. J’ai envie de gens qui puissent nous aider à nous perfectionner (des accompagnateurs de croissance).

Un petit conseil aux entrepreneurs qui nous suivent : n’écoutez pas tout ce qui se dit dans la Silicon Valley. Au moment où vous faites votre premier tour de table pour votre valo, c’est le souk. Il n’y a pas vraiment de règles. C’est vraiment le souk, et il y a une dimension chaos dont on ne parle jamais. Peut-être parce qu’en France, on est dans le pays des maths, des sciences, de la rigueur, et on ne vous dira pas qu’on est dans une telle situation. Mais la réalité est là : c’est une histoire d’hommes, d’intuition, mais aussi de confiance et d’empathie. 

Pour l’anecdote, lors d’une valo réalisée dans le passé, j’avais fourni un dossier incluant les standards, avec des métriques, des chiffres, etc.., mais la personne en face (un acteur du Cac 40), m’a dit : « J’ai pas envie ».

Il y a une chose qui est profondément irrationnelle ; comme le dit Edgar Morin, il y a une « part de mystère » au moment où l’on fait cette valorisation. Bien sûr qu’il ne faut pas renoncer à la dimension analytique, mais au final, il y a une grosse part de Good Will (bonne volonté).

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