Chronique BFM : « Tocards, Khan et Kaggle »

Lors de cette émission, L’Entreprise BFM accueillait Alexandre Pham et Rémy Sultan, les dirigeants de la société Alphyr (agence de travail temporaire nouvelle génération).

En fin d’émission, l’indéboulonnable Hadj Khelil, fondateur de Big Mama, (éditeur de logiciel en analyse prédictive, voir ici : http://big-mama.io/expertise/analyse-predictive/), est intervenu avec finesse d’un point de vue RH. Au menu, conseils, mise au point et… quelques torgnoles bien senties. Fallait peut-être pas l’inviter ce jour-là…
Lecture.

Les diplômes, la menace fantôme

« Pour nous développer, nous avons besoin de compétences mathématiques qui sont finalement assez rares. Du coup, nous avons commencé avec la même erreur que celle des DRH, qui consistent à dire : « Si on prend des profils X-Mines Ponts, le risque de se tromper est faible. Et si on échoue, on aura au moins l’alibi de se dire : «  c’étaient des X-Mines Ponts », « nous ne pouvions pas faire autrement », etc… Et puis nous nous sommes rendus compte de notre erreur. Car en réalité, notre secteur d’activité est encore récent, il est en train de s’inventer.

De ce fait, nous avons observé que même les individus qui sortent des meilleures écoles n’étaient pas extraordinairement formés. Si vous voulez une métaphore un peu « motoristique », ces jeunes qui sortent des meilleures écoles, c’est comme si vous prenez un moteur de Ferrari, mais … en pièces détachées. De fait, si ces jeunes ne se frottent pas aux meilleurs, s’ils n’entrent pas dans l’arène, et qu’ils ne mettent pas les gants pour faire de vraies compétitions, et se confronter aux vrais problèmes d’entrepreneur (création de valeur), alors leur impact ne sera pas exceptionnel.

Il y a un problème : à force que ces jeunes entendent parler un peu partout de levers de fonds à plusieurs millions d’euros, ils viennent aux entretiens en disant qu’en dessous de 80 k€, ce n’est même pas la peine de discuter. Et ce, même au premier boulot.

Be Khan, if you can !

On a observé que, malheureusement, ces jeunes éléments se prenaient pour des divas. Effectivement, ils ont un bon potentiel, mais cela ne suffit pas. Nous croyions au début que nous étions les seuls dans ce cas-là, mais nous nous sommes rendus compte que ce phénomène de divas s’est généralisé.

Et finalement, nous avons pu trouver la parade. Notre méthodologie pour cela, c’est d’abord de les tester. Cela nous a pris du temps (des années) à mettre en place un système de test. Après être passé par un certain nombre d’épreuves, et de problématiques métiers, nous avons pu sortir une sorte de caisse à outils d’identification et d’étalonnage. Nous pourrons réellement connaître le vrai niveau de chacun. Et ce modèle est réitérable dans de nombreux secteurs d’activité. A partir de ce moment-là, nous avons vu plusieurs divas descendre de leur piédestal. Nous avons donc pu définir un classement : (et quel que soit le métier encore une fois, c’est un modèle « projetable », réitérable)

– Au 1er étage, on a les tocards. On ne les chasse pas tout de suite, on leur laisse une chance. Mais on leur montre tout de même que ce sont des tocards.

– Ensuite, on a une couche intermédiaire qui sont les « Kaggle » (nom d’une compétition dans le domaine des Datas dans laquelle on retrouve des profils plutôt « techniciens », mais qui n’ont pas forcément les compétences d’un point de vue Business).

– Et au-dessus, il y a les Khan (Gengis Khan). Avec ce type de profil, vous lui donnez des tas de données, et il vous créée de la valeur avec. Ils sont hyper rares, et il faut essayer de les dénicher, même s’ils ne sont pas forcément très diplômés des plus grandes écoles (même si c’est souvent corrélé – niveau d’étude et compétences professionnelles).

Il est vrai que l’on peut-être parfois dans l’urgence, et qu’il faut avoir à sa disposition des Data-scientists rapidement, mais permettez-moi de rappeler qu’un mauvais recrutement, ça peut aussi flinguer une boîte. Il faut donc prendre le temps de bien développer ses caisses à outils pour identifier « les tocards », et les gens pas vertueux. Nous, au sein de Big Mama, nous avons deux Khan. Ils ont encore un peu du mal à jouer collectif, mais il y a une vraie volonté de progresser.

Pour finir, il faut rappeler qu’un chef d’entreprise est là pour créer de la valeur, pas pour faire de la « technique ». Et il doit le faire de manière éthique.

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