Le Big data et le (contre)exemple français

Comprendre le Big data et en tirer la quintessence pour développer l’activité des entreprises françaises, tel est l’objectif de Big Mama. En effet, malgré un niveau excellent en mathématiques, la France peine à transformer ses avantages intellectuels en croissance et productivité industrielle. Dans sa chronique sur BFM Business, Hadj Khelil nous explique pourquoi la France est (encore) en retard d’un point de vue économique par rapport à des pays comme les Etats-Unis ou l’Allemagne. Démonstration.


 

De l’énorme potentiel du Big Data

 En résumé, notre mission, c’est de s’asseoir devant le client et de lui expliquer comment il va gagner de l’argent avec ses données. En effet, chaque entreprise a des données, et donc, il y a de la valeur partout. Notre métier, c’est d’expliquer et de mettre en place les outils pour pouvoir gagner de l’argent.

En général, nos conversations avec nos clients sont très courtes. On lui dit : « Voilà ce que vous avez comme données et voilà ce que vous pouvez gagner ».

Par exemple, dans le domaine pharmaceutique, nous travaillons avec un client sur 2 axes :

  • Un axe sur lequel nous intervenons au niveau de la défaillance industrielle. Sur ses lignes de production, nous calculons des probabilités de défaut sur les pièces présentes sur ses lignes. Cela permet donc de maintenir la production en réduisant considérablement les coûts et d’anticiper les pannes. Et lorsqu’une panne survient, notre outil nous aide à réduire de manière assez colossale le coût de cette panne. Nous économisons ainsi de l’argent très facilement.
  • Le deuxième axe a trait à la gestion du portefeuille clients, et de la qualification de ces derniers. En croisant certaines données mathématiques, nous sommes capables aujourd’hui de fournir au chef d’entreprise des informations pertinentes lui permettant de cibler ses clients à fort potentiel.


Le contre-exemple Français

Dans ce métier, beaucoup de gens pensent que notre activité de Data est structuré uniquement par l’esprit de la recherche : selon eux, l’hyper-compétence de notre métier passe par les mathématiques. Or le big data et les mathématiques sont très différents.
D’ailleurs, la France est très bonne en mathématiques, mais cela ne suffit pas. La place des mathématiques, dans le big data, ne représente que 20%. Les 80 autres % sont de la pédagogie, de l’explication et de la compréhension du marché. Car malheureusement, d’aucuns pensent que le big data est compliqué, qu’ils n’y comprendront rien,… alors qu’ils ont à leur disposition des mines d’or.

Et c’est pour cela que les américains vont nous dépasser là-dessus : ils ont un périmètre d’analyse qui est beaucoup plus large.

Nous, en France, à cause d’une vision étriquée, et malgré un niveau élevé en mathématiques, accusons un sérieux retard en matière de business. Quand je recrute parfois des centraliens ou des polytechniciens (qui sont excellents en mathématiques), sont complètement dépassés dès qu’il s’agit de traiter une question liée au business.

Les Américains ont une meilleure approche en marketing et en pédagogie : ils savent répondre à une problématique client. Ce qui n’est pas notre cas en France : nous manquons d’écoute, de compréhension du client, de pédagogie. Nous devons le spectre de notre attention. Vous l’aurez compris, monter une boîte, ce n’est pas que des mathématiques. C’est avant tout répondre à un besoin. Notre approche nous pénalise dans l’éco-système (c’est-à-dire au niveau global) par rapport aux Etats-Unis : nous ne savons pas partager les données avec les acteurs de notre marché et créer de la valeur ensemble (comme dans la Silicone Valley par exemple). Et même en Allemagne, l’approche est différente. Ils ont su avoir une vision globale, synergique et « logiciel ».

 

HadjKhelil

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